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22 avr. 2009

La fin de la publicité sur nos télévisions publiques est-elle proche ?

Il y a un an, Nicolas Sarkozy annonçait publiquement la fin de la publicité sur les chaines de France Télévision, télévision publique nationale. Ainsi, depuis le 5 janvier 2009, les coupures publicitaires ne « polluent » plus la programmation en soirée.
Le 15 avril dernier, c’est au tour de l’Espagne de prendre de telles mesures. José Luis Zapatero, chef du gouvernement espagnol, a lui aussi décrété la fin totale de la publicité sur la TVE, Television española, d’ici 2010.
Mais pourquoi radier la publicité des chaines publiques ? Cette question m’est venue à l’esprit à l’annonce de la fin de la publicité en France, et ne m’a pas quitté depuis.

Une des raisons officielles, défendue par M. Sarkozy, était que la télévision publique, ne pouvait lier compétitivité et contenu de qualité. Cela signifie-t-il que les programmes de qualité ne sont pas regardé ? et ne font pas assez d’audience ? Lorsque France 2 avait diffusé du théâtre en novembre 2007, ils avaient réussi leur pari, puisqu’ils avaient obtenu le même score que TF1, la chaine privée concurrente.

Voyez cette vidéo, sur la BBC, qui réussi à lier contenu et qualité, malgré l’absence de revenus publicitaires.



D’autres raisons non officielles ont circulées. Certains ont dénoncer le « coup de pouce » donné aux télévisions privées. En effet, si l’offre du temps d’antenne est réduite, mais que la demande reste la même, les prix vont augmenter, et donc favoriser les chaines privées. On pense notamment à TF1 dont les liens entre M. Sarkozy et la première chaine privée ne sont plus à démontrer.

Supprimer la publicité, ce n’est pas uniquement priver les téléspectateurs d’un passage express au « pipiroom », mais surtout priver les télévisions publiques d’un revenu quasi-vital. En France, d’autres sources de revenu on était imaginées ; et notamment, la création d’une taxe sur les chiffre d’affaires des chaînes privées, et des fournisseurs d’accès à Internet, concurrents directs de la télévision. À ce jour, l’Espagne n’a annoncé aucunes mesures pour combler le manque à gagner des revenus publicitaires.

Je ne défend pas la publicité télévisée, bien au contraire : quoi de pire que d’être coupé dans son émotion par une pub pour Tampax !

Espérons que les gouvernements espagnol et français réussiront à combler ce financement pour que la télévision publique ait les moyens de exécuter son mandat : créer des contenus de qualité et faire de l'audience.

Camille GAIOR
PS: BBC news en direct sur notre blog, signe que je soutiens une télévision de qualité sans pub ! même si ça passe par notre porte monnaie :-)

14 avr. 2009

Parle-t-on trop de la crise ?

Tous les jours, en écoutant les bulletins de nouvelles, tant à la radio qu'à la télé, en feuilletant le journal ou en lisant les actualités sur Internet, on est certain de tomber sur une nouvelle relative à l'économie ou à la crise. Déjà en janvier, l'économiste Glen Hodgson, du Conference Board of Canada, affirmait que les médias alimentaient la crise en en parlant de manière excessive. Selon lui, cela a pour effet d'accentuer le sentiment de déprime chez les gens.

Les médias parlent-ils trop de la crise ? C'est une question complexe, à laquelle il est difficile de répondre. Un journaliste se doit de servir l'intérêt du public en lui rendant compte des faits les plus importants de la journée, mais aussi des nouvelles qui auront le plus grand effet sur sa vie de tous les jours. Et une crise financière fait partie de ce genre d'informations qui ont un impact réel sur notre vie à tous. Il est donc inévitable qu'un média couvre la crise financière, compte tenu de son importance dans notre vie à tous.

Mais est-ce vraiment une raison pour que la crise soit en ouverture de bulletin, de téléjournal ou à la une des journaux presque tous les jours ? Les effets d'une crise financière sont déjà tellement déprimants, est-ce vraiment nécessaire d'en rajouter encore et encore ? C'est d'ailleurs ce qu'affirmait aussi Glen Hudgson, allant même juste à dire que cette couverture excessive avait un effet sur le taux de confiance des consommateurs.

Il y a même certains médias qui ont relié les récentes tueries aux États-Unis à la crise, certains des tueurs ayant récemment perdus leurs emplois ...

Cependant, certains médias semblent prendre tranquillement conscience de cette surmédiatisation de cette crise. Récemment, aux États-Unis, où la crise est traitée de façon très importante par la presse, les médias ont décidé de traiter d'une question nettement plus légère, soit le choix du chien des filles de Barack Obama. Les journalistes lui ont même posé des questions la semaine dernière, lors de conférences de presse importantes, alors que l'identité du nouvel habitant de la Maison Blanche était encore tenue secrète.

L'identité du chiot, nommé Bo, a été dévoilée aujourd'hui, et on prévoyait ce matin que le président américain aurait à répondre à de nombreuses questions concernant le chien, alors qu'il devait donner un important discours ... sur l'économie ! Comme quoi même les journalistes ont besoin de parler de choses plus futiles !

Barack Obama s'amuse avec le nouveau chiot de ses filles (AFP)
Bo, le nouvel habitant de la Maison Blanche (AFP)

Anaïs CHABOT